Horizontale du millésime 1979

3 vénérables bouteilles, tirées de l'oenothèque familiale dont elles n'ont pas bougé depuis leur naissance, ont été dégustés en tête à tête, en soirée, sur plus de deux heures.

Muscat 1979 – Domaine Paul Ginglinger

La robe est brillante, à peine dorée, et l’on peut encore mirer de beaux reflets verdâtres juvéniles. Le bouquet est hypnotique, sur une pureté d’école et sans un brin d’usure. Il mêle par paliers successifs mélisse, menthe, mandarine, bergamote et une note fumée/réglissée qui ne cessera de s’affirmer à l’aération. La bouche est en dentelle : sèche, très jeune, vive, avec une fine salinité en finale. L’acidité ciselée étire le vin, lui donne longueur et finesse. Prolongée par une amertume tenant du cédrat et du bâton de réglisse, la finale est par ailleurs soutenue, comme souvent sur les vieux muscats, par de puissants relents de menthes. Ce muscat, issu du Grand Cru Pfersigberg, a désormais atteint la plénitude et conserve une fraîcheur et d’une droiture impressionnantes pour un vin de plus de 30 ans.

Riesling 1979 – Domaine Paul Ginglinger

La robe est proche de celle du muscat du même millésime, avec un doré un peu plus affirmé. Le nez, délicat et difficile à cerner de prime abord, livre progressivement toute la complexité du grand vieux vin qui a sereinement évolué en cave fraîche : pêche et mirabelle compotées, bonbon acidulé, cuir, très légère touche d’essence de térébenthine, foin fleuri, thé noir et humus se mêlent harmonieusement. De puissants arômes d’agrumes (citron vert/pamplemousse) viennent rafraîchir le vin à l’aération et finiront même par dominer le bouquet au bout d’une heure.

L’équilibre en bouche est magistral, il joue le numéro d’équilibriste du riesling né d’un grand terroir à dominante calcaire, entre finesse et puissance. Le vin est sec et nous offre une forte sensation minérale et sapide qui marque profondément la langue et le palais. Une touche mentholée renforce la sensation de fraîcheur de la finale. La longueur est immense. Un grand riesling qui donne l’impression d’avoir lentement percolé à travers sa roche-mère calcaire durant sa maturation sous verre.

Gewurztraminer 1979 – Domaine Paul Ginglinger

La robe est à nouveau éclatante, à peine dorée. La pureté et la complexité de ce gewurztraminer sont comparables à celle du muscat, dans une variante un peu plus épicée : mangue, carambole, nougat, rose ancienne, pointe aillacée (truffe blanche) se côtoient, ainsi qu’une touche poivrée/fumée. Le fondu en bouche s’avère tout simplement parfait : le vin est sphérique, la texture est voluptueuse tout en restant sur un caractère sec, avec plus de chair et d’ampleur que sur les deux autres cépages et une acidité idéale qui soutient et relance le vin. Très légère touche beurrée sur la finale qui signe l’évolution. Comme pour le muscat et le riesling du même millésime, d’éclatantes notes d’agrumes frais apparaissent progressivement à l’aération et donnent au vin une touche d’éternité.


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